Afin de construire une cohabitation harmonieuse entre humains et animaux en ville, il est essentiel d’impliquer directement les citoyens dans des démarches participatives. Les concertations citoyennes permettent de recueillir les avis, attentes et perceptions des habitants afin d’élaborer des solutions adaptées à tous. Des consultations publiques sur la gestion des espaces urbains partagés, notamment sur les animaux de compagnie de manière spécifique, pour mieux cerner les besoins des personnes vivant avec ou sans un animal domestique ont été organisées dans de nombreuses villes françaises.
Ces démarches favorisent une approche collaborative où le bien-être animal est pris en compte dans l’aménagement urbain. Elles contribuent également à repenser les politiques d’aménagement des espaces publics pour qu’ils soient inclusifs et durables, tout en réduisant les conflits entre humains et animaux sauvages et domestiques. Plus largement, ces exercices de concertation constituent un outil essentiel pour mettre en lumière l’importance des enjeux liés à la condition animale auprès des élus et des services, et encourager leur prise en compte dans les politiques publiques locales.
Rennes : Charte rennaise sur la condition des animaux
En 2020, a été créée une délégation “animal en ville” au sein du conseil municipal de Rennes dans le but de mieux prendre en compte les animaux dans toute leur diversité et de travailler sur leur condition et leur cohabitation avec les humains. Cette démarche avait pour objectif d’aboutir à la création d’une charte.
L’adoption de cette charte est née d’une démarche participative en 2021 visant à recueillir l’avis des habitants à travers une consultation du grand public et des ateliers tout en impliquant des partenaires et les associations du territoire. Cette charte sur les conditions de vie des animaux, sauvages comme domestiques, rassemble 29 engagements et 105 actions que la Ville s’engage à mettre en œuvre sur le territoire.
Quelques exemples d’actions :
- Doubler la surface disponible pour l’ébattement des chiens (parcs…) ;
- Réfléchir à des animations alternatives aux feux d’artifice ;
- Limiter l’emploi de méthodes de régulation traditionnelles et privilégier l’expérimentation des méthodes alternatives plus respectueuses (prédateurs naturels, régulations contraceptives, stérilisation des œufs) ;
- Prendre position publiquement contre les méthodes de pêches mutilantes (ardillon, vif) ;
- Favoriser la venue de cirques sans animaux sur le territoire rennais et interroger la possibilité d’interdire la publicité relative aux zoos et cirques avec animaux sauvages dans l’espace public.
Ville de Bordeaux : Enquête sur les pigeons
Dès le début du mandat 2020-2026, les agents municipaux et les responsables du service Prévention de la ville de Bordeaux ont été invités à repenser en profondeur la gestion des pigeons urbains. Une consultation publique a été organisée afin de sonder la perception des habitants bordelais vis-à-vis de cette espèce d’oiseau, ainsi qu’un questionnaire interne auprès des agents municipaux pour mesurer leur sensibilité au sujet. Cette consultation, ayant montré une large acceptation par la population d’une gestion non létale des pigeons, a marqué le point de départ d’une nouvelle politique de cohabitation avec les pigeons suite au moratoire sur leur capture annoncé en octobre 2021.
Ville de Vénissieux : enquête sur la condition animale
La ville de Vénissieux a mené une enquête dédiée à la condition animale sur son territoire. Cette démarche vise à mieux identifier les besoins, les difficultés rencontrées et le niveau d’information de la population, qu’elle soit ou non propriétaire d’animaux. Principalement centrée sur les animaux de compagnie. Menée sur une durée d’un mois et demi, l’enquête a recueilli plusieurs centaines de réponses, en ligne et sur support papier. Sa diffusion s’est appuyée sur différents canaux: affichage municipal, distribution de questionnaires papier, mobilisation des réseaux associatifs et échanges directs avec les habitants, notamment dans les parcs canins. Cette approche de terrain a favorisé le dialogue et a été très positivement accueillie par les participants, nombreux à souligner l’importance d’être consultés et écoutés sur ces sujets.
Les premiers résultats ont déjà donné lieu à des retombées concrètes, telles que l’organisation d’une nouvelle journée de formation pour des bénévoles nourrisseurs de chats errants encadrés par les services municipaux, et la création prévue de nouveaux espaces dédiés aux chiens dans la ville.

