Collectif
Les communes sont de plus en plus soumises aux aléas climatiques entraînant des inondations, des incendies importants, des canicules et bien d’autres événements nécessitant d’adopter des plans de gestion de crise.
Néanmoins, ces plans envisagent peu les animaux donnant parfois lieu à des scénarios tragiques où des animaux de compagnie sont abandonnés sur les lieux (ex: Ouragan Katrina Etats-Unis 2005, le gouvernement a interdit l’évacuation des animaux et leur a refusé l’accès aux abris entraînant alors la mort de 600 000 d’entre eux par noyade ou de faim)
Dans une société prenant en compte le caractère sensible de l’animal, il est important d’inclure ce dernier dans les plans de gestion de crise afin d’éviter qu’il subisse des souffrances du fait d’événements imprévus.
Des associations agissent pour sensibiliser sur ces questions comme le Fonds international pour la protection des animaux qui lors des incendies australiens de 2019 – 2020 a œuvré pour le sauvetage d’animaux sauvages. Elle a mis en place des réseaux d’aides aux animaux pour intervenir sur le théâtre de catastrophes.
Elle collabore également avec les collectivités afin de mettre en place une planification stratégique et des formations au niveau local.
Les associations locales peuvent demander une subvention d’urgence à l’IFAW afin de les aider à secourir les animaux menacés par des catastrophes naturelles en les contactant via l’adresse suivante : europedisasters@ifaw.org
Des entreprises sont spécialisées dans l’accompagnement des collectivités pour inclure les animaux dans leur plan de gestion de catastrophes.
Une obligation pèse sur les communes pour protéger les animaux. En effet, depuis 2021 l’article L112-1 du Code de la sécurité intérieure prévoit que “ La sécurité civile, (…), a pour objet la prévention des risques de toute nature, l’information et l’alerte des populations ainsi que la protection des personnes, des animaux, des biens et de l’environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes par la préparation et la mise en œuvre de mesures et de moyens appropriés relevant de l’Etat, des collectivités territoriales et des autres personnes publiques ou privées”. Ainsi, la sécurité civile inclut la protection des animaux.
Pour rappel le maire selon l’article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales doit “prévenir, par des précautions convenables, et faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, […] les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, […] de pourvoir d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours et, s’il y a lieu, de provoquer l’intervention de l’administration supérieure”.
Pour exercer cette mission le maire doit (dans certains cas : si soumis la commune est soumise à un risque naturel ou technologique… et les autres cas énuméré à l’article L731-3 du Code de la sécurité intérieure) mettre en place un plan communal de sauvegarde, qui définit par avance les procédures qui seront mises en place en cas de réalisation des risques.
Le guide pratique d’élaboration et de suivi des PCS prévoit que “La sauvegarde de la population s’organise, en situation de crise, autour des actions essentielles suivantes : l’alerte, la mise à l’abri (à l’écart d’un danger ou d’effets néfastes), les soins (dont la prise en charge médico-psychologique), le ravitaillement, l’hébergement, l’assistance matérielle, le réconfort et l’information sur la situation. Les animaux de compagnie sont intégrés à cette prise en charge.”
Par conséquent, les maires dans l’élaboration des PCS doivent prendre en compte la question des animaux.
Par exemple, le PCS de Carnac (56) (janvier 2022, p.75) prévoit qu’en cas de feux de forêt comme moyen de sauvegarde d’informer les agriculteurs proches du sinistre afin d’évacuer les animaux.
Par ailleurs, le PCS pour les animaux de compagnie pourrait contenir :
- le fait de prévenir les propriétaires d’animaux en cas de danger et les autoriser à évacuer avec eux;
- prévoir que les centres d’accueil doivent accepter les animaux de compagnie ou identifier les lieux d’accueil compatibles
- prévoir eau et nourriture à leur destination
Pour les animaux d’élevage, il pourrait prévoir un plan de mise en sécurité et identifier des zones de refuge.
La commune pourrait aussi mener une campagne de sensibilisation sur l’identification des animaux afin de pouvoir les retrouver plus rapidement en carte de perte.
Rajouter vidéo Céline Sissler Planima consulting
Individuel
Un autre pan d’action est plus individuel. Il s’adresse à des moments qui touchent seulement un individu. Il peut s’agir par exemple d’une hospitalisation en urgence. Mais que faire de l’animal de compagnie dans ce cas? Parfois les secours emportent la personne sans savoir qu’il y a un animal qui attend à la maison et ce dernier peut se retrouver en difficulté.
Plusieurs communes ont mis en place des dispositifs à la fois pour alerter de la présence d’un animal de compagnie mais également pour prendre en charge ce dernier.
La Ville de Paris a mis en place la carte d’urgence “un animal m’attend chez moi” à glisser dans les papiers. Elle indique, en cas de problèmes rencontrés par leur propriétaire, qui contacter pour que l’animal soit pris en charge par une personne de confiance.
Elle a également mis en place un autocollant “j’ai un animal chez moi” afin de permettre aux pompiers de savoir qu’il y a un animal, augmentant ainsi les chances de sauvetage en cas d’incendie.
La Ville de Pessac a mis en place un kit “j’ai un animal seul chez moi” comprenant une carte de prévention indiquant le nom de l’animal et les coordonnées de la personne à contacter, à mettre dans ses papiers. Et contient aussi une affichette permettant de préciser les informations utiles sur les animaux: leurs besoins spécifiques, les comportements à connaître et leur numéro d’identification. Cette dernière doit être placée dans un endroit visible au sein du logement.
A Yerres il existe un système de familles d’accueil basé sur le bénévolat, baptisé “Bénévol’animal” qui permet de prendre en charge un animal le temps de l’hospitalisation et de la convalescence. Ce dispositif est mis en avant par les canaux officiels de la ville.

