Les animaux urbains dans les continuités écologiques
L’expansion urbaine et la fragmentation des habitats naturels posent de sérieux défis à la petite faune citadine, notamment en termes de déplacements. Ces animaux doivent souvent parcourir des distances considérables entre leurs sites de nourrissage, de repos et de reproduction, désormais dispersés dans le paysage urbain. Il est important de prendre en compte l’ensemble des types d’espèces habitant les villes, dans leur diversité de lieux de vie et de taille.
Les infrastructures urbaines telles que les murs, les palissades et les grillages constituent souvent des obstacles infranchissables notamment pour la petite faune urbaine, comme les micromammifères, les amphibiens et les reptiles. Ces espèces, bien qu’adaptables aux milieux semi-naturels, ne nécessitent pas de vastes étendues mais doivent pouvoir se déplacer sur plusieurs hectares. Par exemple, un hérisson en zone urbaine a besoin d’un espace vital d’au moins 4 hectares.
Il est ainsi possible d’envisager la construction d’une ville “poreuse” traversée par les composantes naturelles, dans lesquelles la faune a la possibilité de se déplacer et de se reproduire.
En votre qualité d’élu, vous êtes en mesure :
- D’incorporer des corridors écologiques opérationnels dans les schémas d’aménagement urbain: trames vertes et bleues, brune (continuité des sols cultivés), noire (absence de lumière), blanche (silence). Dans les PLU, il est envisageable de catégoriser des terrains pour la protection ou la réhabilitation des continuités écologiques: espaces de continuité écologique (ECE).
- De faciliter le passage de la faune: installations de traversée sous les routes (tunnels pour petits mammifères, passages pour crapauds, flotteurs sous les ponts pour loutres, etc..), perméabilité des barrières bâties ou végétales pour les hérissons…
- D’anticiper les dangers de collisions routières en identifiant les zones où la faune traverse, comme les routes entourées d’espaces verts et y installer un signalisation, encourager à réduire la vitesse, voire organiser une fermeture temporaire du trafic pendant les périodes critiques, par exemple celle de migration des amphibiens au début de l’été.
- De garantir la transparence des infrastructures hydrauliques pour la faune aquatique.
Exemple de bonnes pratiques
Les délimitations naturelles, telles que les haies d’espèces locales, sont idéales en zone urbanisée. Elles facilitent les déplacements de la faune tout en offrant des abris et des sources de nourriture. Pour améliorer leur valeur écologique, on peut ajouter des tas de bois, de foin ou de pierres à proximité.
Afin de rendre les délimitations artificielles plus perméables, il est possible de :
- Laisser un passage de 15-20cm en bas ;
- Choisir des clôtures à larges mailles (15x15cm) ;
- Créer des ouvertures de 20x20cm tous les 10-15m.
- Pour les murs et palissades, planter des plantes grimpantes ou arbustes au pied et favoriser les continuités arborées aide les animaux grimpeurs.
Par ailleurs, certaines infrastructures urbaines comme les bordures de routes, les grilles d’égouts ou encore les piscines et autres plans d’eau peuvent devenir de véritables pièges pour la petite faune.
Pour les grilles d’égouts :
- Limiter la largeur des fentes à 2 cm maximum
- Placer la grille à au moins 10 cm des obstacles infranchissables
- Installer des rampes de sortie rugueuses
Pour les bordures de routes, opter pour des bordures inclinées facilitant le passage.
Pour les piscines, fosses ou mares, prévoir des rampes de sortie rugueuses..
Cadre légal
Définition des trames vertes et bleues
Article L371-1 du code de l’environnement
I. – La trame verte et la trame bleue ont pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural ainsi que la gestion de la lumière artificielle la nuit.
Moyen d’aménagement du territoire
L113-29 du code de l’urbanisme
« Les plans locaux d’urbanisme peuvent classer en espaces de continuités écologiques des éléments des trames verte et bleue, définies aux II et III de l’article L. 371-1 du code de l’environnement, qui sont nécessaires à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques. »



