L’urbanisation affecte la faune sauvage de plusieurs manières, notamment par la fragmentation et la destruction des habitats naturels, la perturbation liées aux activités humaines de chasse, de pêche, etc. mais aussi l’introduction possible d’espèces exotiques envahissantes (EEE).
Ces dernières représentent une menace croissante pour la biodiversité locale et mondiale. Introduites volontairement ou accidentellement par l’activité humaine dans des écosystèmes où elles n’étaient pas présentes naturellement, ces espèces peuvent avoir des impacts considérables sur leur nouvel environnement. Les EEE figurent aujourd’hui parmi les cinq causes majeures d’érosion de la biodiversité, avec la destruction des habitats, le changement climatique, la surexploitation des ressources naturelles et la pollution.
Les conséquences de leur prolifération sont à la fois :
- Écologiques: compétition avec les espèces indigènes pour les ressources, modification des habitats naturels, perturbation des chaînes ;
- Économiques: coûts élevés de contrôle et d’éradication, impact sur l’agriculture et la sylviculture, dommages aux infrastructures ;
- Sanitaires: Propagation de nouvelles maladies, risque allergènes pour l’homme et les animaux domestiques.
Les EEE prospèrent souvent grâce à l’absence de prédateurs naturels, une meilleure adaptabilité aux changements environnementaux ou encore des stratégies de reproduction plus efficaces.
Les collectivités locales peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les EEE et les espèces nuisibles en milieu urbain, par l’action et la sensibilisation aux bonnes pratiques.
En tant qu’élu vous pouvez :
- mettre en place des systèmes de signalement efficaces;
- instaurer des mesures préventives dans les espaces publics;
- sensibiliser et informer les citoyens à la prévention;
- demander la révision du Règlement Sanitaire Départemental afin de rendre cohérentes les actions de lutte contre les EEE.
Dans l’Union Européenne, sont recensées près de 90 espèces, végétales et animales, considérées comme préoccupantes. En France, le frelon asiatique, les rats gris et les moustiques tigres sont des exemples d’espèces animales exotiques envahissantes.
Le frelon asiatique
- Signalement via les différents services mis en place dans la collectivité (par téléphone, application etc..) ;
- Destruction: prise en charge par la municipalité quand les nids sont situés dans l’espace public ;
- Domaine privé: responsabilité des propriétaires de faire appel à des entreprises spécialisées.
Rat gris
- Réglementation: inscrite dans le Règlement Sanitaire Départemental
- Prévention: éviter de laisser des déchets alimentaires dans l’espace public, ne pas nourrir les oiseaux, utiliser les conteneurs appropriés pour les déchets, respecter les horaires de sortie des poubelles.
- Signalement via les différents services mis en place dans la collectivité (par téléphone etc..)
Moustiques tigres
- Identification: plus petits que les moustiques ordinaires, rayures noires et blanches.
- Prévention: couvrir les récipients d’eau stagnantes, vider régulièrement les soucoupes et vases, éliminer les objets pouvant contenir de l’eau stagnante.
- Signalement via les différents services mis en place dans la collectivité (par téléphone, application etc..)
Cadre légal
Gestion des animaux exotiques en France
Dans le Code de l’environnement, les articles L411-5 à L411-7 et R411-45 encadrent la gestion des espèces exotiques envahissantes en France.
- L’article L411-5 interdit l’introduction dans le milieu naturel de certaines espèces animales et végétales, dont la liste est fixée par arrêté.
- L’article 411-6 interdit l’introduction sur le territoire national, la détention, le transport, l’utilisation, l’échange, la vente ou l’achat de spécimens vivants d’espèces particulièrement préoccupantes;
- Des dérogations peuvent être accordées pour certaines activités impliquant ces espèces sous conditions strictes;
- Les articles R411-37 à R411-45 précisent les modalités d’application de ces interdictions, notamment les procédures d’autorisation et de contrôle.
Paris
A Paris, l’application DansMaRue qui permet aux habitants de Paris de signaler facilement des problèmes rencontrés dans l’espace public, dont la présence d’espèces exotiques envahissantes.
Lyon
A Lyon, confrontée à la présence de ragondins qui ne disparaît pas avec les politiques d’extermination, la Ville cherche des méthodes de gestion alternatives. Des panneaux pédagogiques sont déployés afin d’éviter que les habitants s’approchent des ragondins ou les nourrissent, et la mairie souhaite s’engager dans un projet de recherche sur la gestion douce des populations. Elle a également demandé une dérogation à la préfète du Rhône afin d’arrêter l’extermination systématique des ragondins et de privilégier une méthode semblable à celle déployée pour gérer l’errance féline, selon un schéma capture, stérilisation, identification, relâche.
Brive-la-Gaillarde
La ville de Brive-la-Gaillarde met en œuvre sur son territoire la technique dite de l’insecte stérile reposant sur la libéralisation d’insectes mâles stérilisés par irradiation. Ces derniers iront s’accoupler avec des femelles qui ne donneront alors pas naissance à des insectes viables. La municipalité déploie cette technique pour lutter contre la prolifération de moustiques tigres, cette méthode permet alors de protéger la population et la biodiversité sans recours aux pesticides.



