Régulation du nourrissage des oiseaux

Les anatidés

Nourrir les anatidés est dangereux pour le bien-être de ces animaux et pour leur santé. En effet, le pain rend malade les oiseaux aquatiques, car il n’est pas adapté à leur besoin nutritif en contenant principalement du sucre et du sel. Ces carences peuvent entraîner le syndrome de « l’aile d’ange » qui est une malformation des os qui empêchent les oiseaux de voler et donc de s’enfuir en cas d’agression.

De plus, en réalisant du nourrissage, cela attire un grand nombre d’animaux d’espèces différentes favorisant la transmission de maladies.

En outre, nourrir les animaux les rend dépendants de l’être humain. Ainsi, certains perdent leur instinct migrateur, les rendant vulnérables lors des périodes de grands froids où ils ne devraient pas être présents.

Par ailleurs, le nourrissage a aussi un impact sur l’environnement. En effet, le pain n’étant pas adapté au système digestif de ces animaux, ils n’en assimilent que 60%, le reste se retrouve donc dans leurs excréments qui favorisent l’apparition d’algues diminuant ainsi l’oxygène présent dans l’eau et aggravant le risque d’eutrophisation.

Pour finir, la présence de canard peut représenter un risque sanitaire pour les humains. En effet, la présence de canards augmente le risque de contraction de la dermatite du baigneur.

Des associations telles que la Ligue de Protection des Oiseaux mènent des campagnes de sensibilisation contre le nourrissage des oiseaux et mettent en place des contenus pédagogiques pour informer sur ce sujet.

La Ville de Niort a lancé en 2020 une campagne de sensibilisation par l’installation d’affiches le long des berges en indiquant qu’il ne faut pas nourrir les canards car cela nuit à leur indépendance, pollue les écosystèmes et favorise les nuisibles.

Il en va de même pour Paris qui au sein du Parc Montsouris a mis en place des affiches pour sensibiliser les riverains à ne pas nourrir les oiseaux

Les pigeons

Les pigeons sont des animaux présents dans les agglomérations car ils trouvent en ces lieux tous les éléments nécessaires pour survivre, dont de la nourriture. Néanmoins, leur concentration peut poser des difficultés en matière d’hygiène, de santé publique et de dégradations (par exemple, la dégradation du mobilier urbain par les fientes de pigeons).

Si les pigeons ne sont pas nourris, ils iront chercher la nourriture ailleurs et seront donc moins présents, ils devront consacrer davantage de temps à la recherche de leur nourriture et auront alors moins de temps pour se reproduire. De plus, si les pigeons ne mangent pas la nourriture donnée cela attire les rats. Ainsi il est recommandé de ne pas nourrir les pigeons, plusieurs communes œuvrent dans ce sens.

A Bordeaux, l’équipe municipale a entrepris d’identifier et de rencontrer les nourrisseurs de pigeons. « Il y a souvent une pathologie chez eux. Cela ne sert à rien de les sanctionner ». Il faut plutôt les convaincre de diminuer les rations, de les étaler et de les disposer mieux et plus en hauteur pour éviter que les rats participent au festin, d’inclure des doses contraceptives. La mairie de Bordeaux souhaite aller au-devant des restaurateurs qui laissent des reliefs de cuisine traîner sur le trottoir. (Livre Blanc de l’animal en Ville, Assises de l’animal en ville, CESE 2024)

La ville de Reims (Marne) a quant à elle effectué une campagne de communication pour sensibiliser la population pour que cette dernière arrête de nourrir les pigeons, avec des affiches représentant un gros pigeon avec un sweat à capuche rose s’écriant « garde ton pain, j’en ai pas besoin ». La commune intervient également lorsqu’on lui signale des personnes nourrissant des pigeons, les équipes de la municipalité se déplacent pour les informer.

Plusieurs communes effectuent des rappels d’un article présent dans les règlements sanitaires de départements posant qu’il est interdit de jeter ou de déposer des graines ou nourriture, en tous lieux ou établissements publics, susceptibles d’attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats ou les pigeons”. Article 120 pour le département de Paris par exemple, Article 124 pour le département de Seine-Saint-Denis.

L’article 51331-54 du Code de la santé publique dispose quant à lui qu’il est interdit d’élever et d’entretenir dans les parties à usage commun des bâtiments d’habitation collectifs, les abords et les jardins des habitations, des animaux de quelque espèce que ce soit, qui par leur nombre, leur comportement ou leur état de santé, sont susceptibles de constituer un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité des personnes ou la salubrité des lieux.”

Cadre légal

Interdiction du nourrissage des animaux sauvages

Article 120 pour le département de Paris (Cette disposition est un exemple type de la réglementation applicable par département)

Il est interdit de jeter ou de déposer des graines ou nourriture, en tous lieux ou établissements publics, susceptibles d’attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels, notamment les chats ou les pigeons ; la même interdiction est applicable aux voies privées, cours ou autres parties d’un immeuble ou d’un établissement lorsque cette pratique risque de constituer une gêne pour le voisinage ou d’attirer les rongeurs.

Toutes mesures doivent être prises pour empêcher que la pullulation de ces animaux soit une cause de nuisance et un risque de contamination de l’homme par une maladie transmissible ainsi que de propagation d’épidémie chez les animaux.

Interdiction du nourrissage pour cause d’insalubrité

Article 51331- 54 du code de la santé publique

Il est interdit d’attirer ou de nourrir systématiquement ou de façon habituelle des animaux, notamment les pigeons et les chats, quand cette pratique est une cause d’insalubrité.