Le Vison d’Europe, de son nom scientifique Mustela lutreola, appartient à la famille des Mustélidés. Il était autrefois une espèce largement répandue en Europe. Néanmoins, il a perdu 90% de ses effectifs au cours du XXe siècle. La France abrite l’une des cinq dernières populations sauvages d’Europe avec une population de moins de 250 individus.
Il est important de protéger cette espèce, car elle est considérée comme une espèce parapluie, ce qui signifie que sa protection permet indirectement de protéger d’autres espèces animales. En outre, la protection des visons permet plus largement de protéger les zones humides qui constituent leurs habitats naturels.
Par ailleurs, il joue un rôle essentiel au sein des écosystèmes aquatiques en régulant la densité des proies ce qui permet par ailleurs de réguler la présence d’espèces susceptibles de devenir envahissantes en consommant leurs ressources.
Un programme européen de conservation a été mis en place pour préserver l’espèce. Des visons d’Europe sont ainsi élevés pour être ensuite relâchés dans les zones propices.
Un troisième Plan National d’Actions est en cours pour sauvegarder le vison d’Europe (2021-2027). Ce dernier vise à définir les actions à mettre en œuvre pour la restauration de l’espèce dans un état de conservation plus favorable. Dans ce cadre, la DREAL Nouvelle-Aquitaine a été désignée comme coordinatrice du PNA par le ministère de la Transition écologique et a également confié à l’Office Français de la Biodiversité (OFB) son animation scientifique et technique. À l’échelle régionale, ce sont l’ensemble des services techniques de l’État qui sont mobilisés dans la préservation du Vison d’Europe aux côtés de plus de 150 partenaires.
En parallèle, entre 2017 et 2023, un projet Life VISON coordonné par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et en partenariat avec le Groupe Recherche Étude Gestion Environnement (GREGE) et le Conseil départemental de Charente-Maritime a été mis en œuvre sur les 8 sites Natura 2000 du bassin de Charente où des noyaux actifs de l’espèce sont connus.
Ce projet a permis notamment la mise en place de mesures de restauration d’habitats et d’aménagement d’ouvrages d’art pour restaurer la continuité écologique (exemple : ponts), en lien avec le PNA. La restauration de la continuité écologique vise notamment à limiter les cas de collision routière qui est l’une cause de la mortalité des visons d’Europe.
La protection du vison d’Europe illustre l’importance de la conservation des continuités écologiques pour protéger les animaux menacés des impacts humains.
Elle illustre aussi l’importance de limiter la propagation des Espèces Exotiques Envahissantes, le vison d’Europe étant menacé par son cousin américain.

