Accueillir les espèces du bâti
Certains animaux dits “anthropophiles” nichent ou gîtent dans des constructions, comme entre autres les hirondelles rustiques et celles de fenêtre, les martinets, les effraies des clochers et les chauves-souris. Les combles, les granges et autres bâtiments historiques sont des habitats naturels idéaux pour ces animaux. Ces espèces sont par ailleurs en net déclin, en partie à cause de la raréfaction de leurs habitats (modernisation des bâtiments, isolation thermique des combles…)
Préserver les constructions anciennes et promouvoir une architecture propice à l’installation des espèces du bâti permet de revitaliser les villes et villages en biodiversité. Les bâtiments publics représentent un atout particulier dans la création d’habitats durables pour la faune urbaine. Ces structures offrent un cadre stable et sécurisé pour les animaux et peuvent devenir des “réserves naturelles” en garantissant une pérennité à long terme des aménagements réalisés.
En tant qu’élu vous avez le pouvoir de:

- Prévenir les pièges pour la faune et organiser des journées de mobilisation: combler les poteaux creux (panneaux de signalisation, de publicité etc.) et les cavités dangereuses (regards, cheminées sans grillages…)
- Placer des habitats artificiels (nichoirs, hotel à insectes…)
- Prendre en compte la biodiversité dans l’architecture et les espaces extérieurs dans les projets de construction et/ou de rénovation urbaine (règlement d’appel d’offre, logements sociaux…) en évitant l’uniformisation de l’architecture (les façades entièrement vitrées par exemple provoquent un risque de collision pour les oiseaux et insectes).
- Promouvoir la prise en compte des espèces du bâti dans la restauration énergétique des bâtiments publics et des habitats de particuliers
Cadre légal
Interdiction de porter atteinte aux nids
L’article L.411-1 du Code de l’environnement prévoit l’interdiction de porter atteinte aux nids et habitats des espèces protégées.
Pour minimiser l’impact sur les espèces protégées, l’un des moyens mis en avant est l’installation de nichoirs ou nids artificiels.
Lyon
La révision de 2022 du PLU-H de la ville de Lyon prévoit une augmentation des coefficients de pleine terre (CPT), devant désormais être comprises entre 15 et 50% minimum dans le cadre des permis de construire. 1,6 hectares de pleine terre ont été créés dans le cadre des permis de construire de 2024. La ville prévoit également désormais que les clôtures doivent permettre la libre-circulation de la petite faune et que des ouvertures doivent y être réalisées au ras du sol avec un diamètre de l’ordre de 15 cm environ tous les 15 m environ.
Paris
Le moineau domestique est une espèce, autrefois très répandue, qui est aujourd’hui menacée de disparition. Les moineaux sont très sédentaires, ils vivent dans un rayon de 200 mètres. Il est alors possible de faire des aménagements locaux qui permettent de soutenir les colonies de moineaux.
Dans la Ville de Paris chaque maire d’arrondissement peut proposer des quartiers où sont établies des colonies de moineaux. La mairie du 19e arrondissement a déclaré un quartier moineau. Après avoir identifié les lieux, l’objectif est de semer dans les espaces verts des espèces végétales dont les graines pourront servir de nourriture pour les moineaux (il s’agit d’un mélange de céréales : blé et avoine, mais également de 16 graines de types fleurs des champs). L’entretien des espaces compte aussi pour préserver et protéger les colonies de moineaux, un soin a été apporté pour ne pas trop tailler et choisir correctement les espèces de plantes.
Ensuite des nichoirs ont été installés pour permettre aux moineaux de nicher là où les cavités ont été bouchées. Les riverains pouvaient venir chercher en mairie d’arrondissement des nichoirs à installer.

